« L’artiste conçoit l’extension de ces cavités existantes, au moyen du vitrail, ce matériau qui magnifie et porte historiquement la connotation de l’apparition ; divine, dans les églises, mais bien autrement pour l’artiste. Artiste sonore avant tout, Blandine Brière voit dans les troglodytes une métaphore de la cavité des cavités : la bouche et par extension, ce qui en sort, la voix. Ainsi nous retrouvions-nous dans une des grottes de Villeprovert pour constituer une chorale des habitants, et jouer la partition de l’artiste dans l’acoustique naturelle de ces trous fantasmagoriques. Vous, comme ses interprètes. Là, je prends volontairement son travail à rebours puisque les Entablements, comme la pièce vocale sont les éléments finaux d’un processus cher à l’artiste. Il y a dans l’oeuvre de Blandine Brière une nécessité : l’appropriation sensible du lieu où elle travaille, et des gens qui donnent corps à ce lieu. Ainsi, l’artiste est venue à la rencontre de chacun des habitants du lieu-dit Villeprovert, munie de son micro, et a récolté la matière de son projet. Elle a recueilli les paroles en arpentant cette longue rue pour mieux la comprendre. Au moment où nous travaillions à bâtir La Clairière, les conversations sortant de vos bouches résonnaient. Construire son lieu, faire son nid, s’agrandir, éclairicir. Comme si ce lieu-dit, à travers tous ceux qui l’habitaient désirait être plus .»
Extrait du catalogue, Fantastique, Colin Roche
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